Extra Bold

-H-entrée musicale

22 septembre 2014

En cette belle et passionnante rentrée musicale, nous pourrions parler de ceux qui vont nous mettre du bonheur entre les oreilles. Nous attendons pour les jours à venir et pêle-mêle le deuxième et inclassable album d’Alt J « This is all yours ». Les anglais de Leeds continuent de rompre les règles de l’écriture pop-rock à écouter d’urgence dès aujourd’hui. Nous aurons aussi les français de The Shoes, Yelle dont le premier opus « bouquet final » annonce une suite délicieuse. Des revenants, les Innocents, et oui après 15 ans de séparation, ils se sont rabibochés autour de Jipé Nataf pour un album dont on dit déjà tellement de bien. The Do, le duo franco-islandais avec son troisième album sera sans conteste l’une des sensations de cette fin septembre avec « Shake Shook Shaken » dont la sortie est prévue le 29 septembre. Côté français, et petit faible partagé avec une graphiste/collaboratrice de toujours, le « Soleil dedans » d’Arthur H. Enregistré à Montréal, il sera encore question de lune, d’éclipse, d’érotisme, de voyages et d’étoiles, en un mot de Poésie. Pour le plaisir, ci-dessous ce que cet homme dit du roi des instruments et bien plus encore :

« À treize ans, j’ai subi une opération assez douloureuse du genou. Quand je suis rentré chez moi, j’ai eu le surprise de trouver ce piano d’étude dans ma chambre. Ma mère me l’avait acheté en cachette. C’était merveilleux car j’allais pouvoir retrouver la sensation ressentie peu de temps auparavant, lorsque j’avais posé mes mains sur un piano pour la première fois. Cela ressemblait à une onde qui se serait propagée dans mon corps. Quelque-chose de très magnétique. Alors que je n’avais pas vraiment étudié la musique, j’ai réussi à faire un accord, à jouer une mélodie et à avoir du plaisir .C’était une vraie révélation, totalement instinctive. La rencontre d’un alter ego qui pouvait prendre ma voix. Le piano, comme tous les autres instruments, est une excroissance de soi-même. A l’adolescence, extrêmement timide et réservé que j’étais, il a permis d’émettre des messages vers l’extérieur. Comme je n’avais pas de cursus classique, cela me laissait une grande liberté d’improvisation. J’ai toujours eu un rapport très ludique à l’instrument. Pour moi, le piano est la machine analogique par essence. C’est une espèce de truc du XIXe siècle, aussi bien qu’une voiture de luxe très au point, qui accomplira des performances, qu’un machin oublié dans un coin qui ne ressemble à rien. Cela ne le rend pas moins magnifique. J’aime autant les pianos désaccordés que les parfaitement justes. C’est aussi un instrument qui rend de nombreuses gammes d’expression. On peut jouer très peu, le mettre en résonance et exprimer le silence, ou jouer Let it be des Beatles ou des mélodies banales. Le piano permet d’exprimer tout le spectre imaginable du toucher. J’aime beaucoup effleurer le piano, le caresser, mais j’aime aussi lui taper dessus. C’est très futuriste. Aujourd’hui, on est dans l’appauvrissement du geste. Un graphiste, un musicien, un comptable, un inspecteur des impôts, un coloriste, chacun reproduit le même geste digital. Alors qu’avec le piano, à travers la main on se doit d’avoir un rapport physique. J’espère que dans trois cents ans, le clavier de l’ordinateur permettra cela. Je ne me suis jamais séparé de ce piano. J’en ai eu d’autres, des bien plus sophistiqués. Toutefois, je le connais tellement que j’arrive à en sortir des sons intéressants. C’est émouvant, ce manque de caractère. Ces pianos sont porteurs d’une poésie, malgré eux. » H

Par Sébastien Olive

Directeur associé

Curieux de tout et affublé de sa resplendissante paire de binocles rouges ou violettes, Sébastien est le dirigeant de l’agence Extra.

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