logo-extra Extra Bold Retour à l'accueil

Mais qui fait la Police ?

25 mai 2012

Une fois n’est pas coutume, si on s’intéressait à la police. Pas celle qui réprime, celle qu’on imprime, et qui rythme le quotidien de nos graphistes.

De la plus classique à la plus hype, il existe plus de cent mille polices de caractères, ou typo. On ne va pas rentrer dans les détails rassurez-vous. Si elles ont toutes plus ou moins un sens, toutes les marques ont la leur. L’identification se construit très vite. Le M de McDonald’s, c’est peut-être du McLawsuit, mais il symbolise surtout le bigmac qui va vous dégouliner sur les pompes. Citons encore le Cooper Black d’Easy Jet, utilisé aussi par Kickers ; le Catull de Google, ou le Parisine du métro parisien et… d’Extra.  Intéressons-nous juste à 2 typos : la plus « facho », et la plus laide.

Helvetica Police D’État

Moins réac certes que la Fraktur, la police «gothique» par excellence, l’Helvetica a été créé en 1957 par Max Miedinger et Eduard Hoffmann, alors que la typographie est en pleine anarchie. Le caractère Helvetica a connu depuis un destin enviable. C’est soit-disant le caractère parfait. Il est lisible, clair, neutre… suisse, quoi. On peut tout dire en helvetica : « je t’aime » comme « je te hais ». On a le choix, elle se décline en 51 polices différentes. On l’emploie partout, du métro new-yorkais à la signalétique hollandaise, des formulaires officiels (poste, fisc, justice) aux intertitres des films de Godard, et il a servi à des douzaines de logos (Toyota, Agfa, Orange, Tupperware, Knoll, Nestlé, United States, SAAB…).

Helvetica

Efficace et propre, il permet, interdit, sans jamais effrayer. Apple en a fait grand usage (mais son logo est en Myriad). C’est le caractère moderne, celui des catalogues d’art contemporain, des affiches, des annuaires de téléphone, des timbres. Sous sa déclinaison Arial, il a envahi le monde informatique, Internet. C’est le caractère mondialisé. On le dit même «fascisant», obligatoire, totalitaire. Impossible de lui échapper. Un graphiste américain a tenté de passer une journée entière, du lever au coucher, sans avoir à employer Helvetica ; il n’a pu ni manger, ni boire, ni prendre l’autobus, le taxi, le métro, ni fumer, ni téléphoner, ni même simplement s’habiller.

La Comic Sans : la pire ?

En 1994, Vincent Connare, dont le nom pourra ultérieurement en faire une cible facile, travaillait chez Microsoft. Pour rendre plus attrayant certain logiciels, il conçut une police, le Comic Sans. Un peu BD, vaguement « manuscrite », tout à fait puérile, le Comic Sans empoisonna le monde comme le nuage radioactif. Elle finit par excéder tous les internautes du monde, à force de figurer sur les sites « hyper sympas », où l’on cherche à vous vendre agréablement des citations à l’eau de rose ou des exercices de math. Police par défaut d’Internet Explorer, elle n’avait même pas de fonte spécifique pour l’italique et le gras. Aujourd’hui, classée parmi les cinquante pires inventions par Time Magazine, c’est une police maudite, on ne compte plus les sites dédiés à son interdiction…

Par Michel Sorine

Directeur associé

Sportif du dimanche et directeur de clientèle  la semaine, il est aussi concepteur-rédacteur à ses heures, ça le détend.

Voir tous ses billets

Il y a 1 commentaire

  • Arthurbaldur le01.08.2012à13h58

    Et au fait, c’est quoi le p’tit nom de la police du logo SaintéLyon ?

Ajouter votre commentaire

Les champs obligatoires sont indiqués avec *