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Night Call

4 décembre 2014

NightCall

En grand fan de Jake Gyllenhaal, je me devais de voir Night Call. C’est chose faite. Décryptage.

Night Call ou Nightcrawler (c’est comme on veut), s’apparente à une odyssée nocturne et préoccupante dans les rues de Los Angeles.

Non, il ne s’agit pas d’une copie de Drive
L’homme un peu timide, sans véritable passé, conduisant une grosse bagnole américaine dans la baie de Los Angeles pourrait naïvement rappeler l’excellent Drive, de Nicolas Winding Refn (Refn, c’est vraiment imprononçable non ?). Ce serait s’enfoncer le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Night Call se révèle être une lourde critique de notre société actuelle dans laquelle la dérive de l’information et la manipulation de l’opinion publique ne font qu’un. Il dénonce avec cynisme, ironie et humour noir le comportement humain dans un capitalisme américain poussé à l’extrême.

L’obsession maladive du sensationnalisme à tout prix est incarné par Lou, un personnage amoral, sans aucune empathie ni remord. Lou n’est autre qu’un charognard déshumanisé qui ne doit sa réussite qu’au détriment des autres. Il me rappelle Norman Bates, Tony Soprano ou plus récemment Frank Underwood.

Encore un film à la noix qui plombe le moral ?
Pas forcément…
Si ce film donne à voir un système perverti ou règnent cupidité et individualisme, il dévoile aussi avec saveur des situations grotesques qui frôlent l’absurde avec une intensité démente.

Oui, Dan Gilroy, doit en grande partie la réussite de son premier film à l’hallucinante performance d’acteur de Jake Gyllenhall (qui s’en serait douté ?) !
Mais aussi parce que Night Call implique le spectateur. Nous sommes à la fois le public averti des dérives de l’information, mais également le voyeur qui prend plaisir à s’alimenter d’images morbides faisant de nous le porte-drapeau d’un monde de plus en plus immoral.

Photo : © Concorde Filmverleih GmbH

Par Extra l'agence

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