Extra Bold

Paul Smith, muse au musée

6 mai 2014

Un post sur Popaul Smith ! Si Michel était en face de moi à cette heure, il serait bien le premier à en rire (d’ailleurs depuis un mois il me manque énormément, son humour potache, décalé et noir à souhait : BRITISH QUOI). Et bien oui ! des anglais j’aime : le thé, le rugby, l’humour et Paul Smith.

La folie de ce créatif avec un grand C, son air de ne pas y toucher, sa fidélité, son sens de l’absurde, et  du « rien n’est vraiment sérieux »… Il nous offre l’élégance, la modernité et la touche d’excentricité qui rendent mes journées plus belles. C’est le Musée du design de Londres qui le consacre aujourd’hui avec une exposition, ouverte jusqu’au 22 juin. L’univers foisonnant de « Sir Paul » qui dépasse largement son domaine de prédilection, les fringues, vaut bien un billet d’Eurostar.

Une reconstitution de sa première boutique, une mise en scène de son bureau ou de son studio vous offrent une visite de son univers où l’optimisme côtoie le multicolore avec des références toujours aussi contrastées. Paul Smith est fou ; un peu enfantin, parfois, car il exprime à travers son travail un point de vue sur le monde, une vision très libre, proche d’une cure de jouvence perpétuelle.

Cet autodidacte, qui a quitté l’école à 15 ans, se destinait au cyclisme quand un accident survenu à l’âge de 17 ans le cloue dans un lit d’hôpital durant plusieurs mois ! À sa sortie, il rencontre sa future femme. Il a essentiellement appris la mode grâce à Pauline, diplômée du Royal College of Art de Londres, qui donnait des cours deux jours par semaine à Beeston (Nottinghamshire), la ville natale du créateur.

Sans entrave scolaire, il a toujours croisé des références qui s’opposent.Cette nature créative est aussi façonnée par une forme d’anticonformisme très britannique. Les écoles de mode et d’architecture anglaises encouragent les élèves à se montrer curieux et à croiser leurs savoirs et références.

Pour Paul Smith, il suffit d’utiliser ses yeux, d’observer sans cesse et tout. Une méthode qu’il applique lui-même à chaque session de travail. Son équipe se réunit dans son bureau envahi d’objets hétéroclites et de livres en tout genre et il suffit de tendre la main pour montrer une référence de couleur, une inspiration à utiliser.

Dans son univers kaléidoscopique très visuel, la notion de partage est cruciale, notamment avec ses équipes et avec les plus jeunes.

Cette philosophie fondée sur la transmission explique le caractère accessible de la maison Paul Smith. Et si le message est au final bon enfant, il est surtout d’un optimisme rare. « Le but de l’exposition est de donner des idées aux jeunes de 10, 12 ou 14 ans. Quand ils traverseront le petit espace qui représente ma première boutique, ils comprendront que si j’ai pu passer de cela à une marque présente dans 72 pays, eux aussi peuvent le faire. Si vous avez un esprit positif, de la confiance, mais pas d’arrogance, alors vous êtes capable de faire ce que vous voulez, vous exprimer plus librement. » Sir Paul Smith, l’anarchiste le plus créatif du monde.

Au grand jeu des citations, je garderais celle-ci pour finir : « Je n’ai jamais vraiment rêvé d’avoir une grosse affaire ou d’être populaire. Moi, ce que j’ai toujours voulu, c’est passer une bonne journée. ». Encore un poing de vue que je partage avec cet homme. Bonjour !DSC_0019

 

Pour en savoir plus :
Voir le film « Paul Smith, gentleman designer » de Stéphane Carrel.

Par Sébastien Olive

Directeur associé

Curieux de tout et affublé de sa resplendissante paire de binocles rouges ou violettes, Sébastien est le dirigeant de l’agence Extra.

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