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The film to see

30 mai 2012

De rouille et d'os

Ni forcément inconditionnel de J. Audiard (A part le splendide De battre, mon cœur s’est arrêté), ni très fan de Marion Cotillard, je me rendais à la séance de De rouille et d’os en excellente compagnie, mu par une certaine curiosité et par le choix restreint des films à l’affiche du cinéma municipal d’une charmante bourgade bobo du sud de la France. Et là : la big claque, comme rarement.

De rouille et d'os

Jouissant d’une mise en scène et d’une interprétation magistrales, ce petit bijou de cinéma, injustement boudé à Cannes, devrait, le bouche à oreille jouant à plein, rencontrer un immense succès populaire. On lui souhaite en tout cas. Attention, qu’on ne se méprenne pas. La présence de Cotillard et d’orques façon Willy n’en fait pas la comédie incontournable à voir en famille avec un seau de pop corn. On n’est pas dans la pseudo-tragédie bisounours d’Intouchables. De rouille et d’os, est un film dur et violent à tout point de vue : violence sociale, violence physique, violence de la vie, violence des sentiments. Dans ce film d’une rare intensité, tout l’art d’Audiard est d’avoir su sublimer à travers sa caméra la rencontre improbable de ces deux personnages déglingués par la vie, sans jamais sombrer dans le pathos.

Ce scénario mélo-dramatique plutôt classique, réussit à nous surprendre en permanence par la subtilité des scènes et des dialogues qui s’enchainent, incarné avec force par deux acteurs vraiment stupéfiants.

De rouille et d'os

Marion Cotillard, sublime de justesse, interprète ici sans doute son meilleur rôle pour longtemps. Quant à Matthias Schoenaerts, déjà repéré dans Bullhead, il nous livre une partition tout en finesse de cette bête physique et père irresponsable, d’un réalisme étonnant.

Une dent qui danse dans la poussière après une baston d’une sauvagerie totale, le gamin qui touche, dans un mélange d’effroi et de fascination, les jambes bioniques du personnage joué par M. Cotillard ou encore les retrouvailles silencieuses de la jeune femme face à l’imposant cétacé, autant d’images marquantes qui confèrent au film une grâce qui dépasse son classicisme apparent.

On se surprend même à rire aux remarques décalées d’Ali (le héros, qui n’a pas franchement le type maghrébin ??) qui comme dans Intouchables, ne s’apitoie jamais sur le handicap de Stéphanie. Mélange de brutalité, de tendresse, d’angoisse et d’espoir, De rouille et d’os est un film puissant et un festival d’émotions cinématographiques. C’est ce qu’on attend du cinéma ! La grande classe.

Par Michel Sorine

Directeur associé

Sportif du dimanche et directeur de clientèle  la semaine, il est aussi concepteur-rédacteur à ses heures, ça le détend.

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