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UTMB 2012 : c’était 100 bornes, ou rien.

5 septembre 2012

UTMB 2012 : c'était 100 bornes, ou rien

Bon, ben voilà, ce n’est pas encore cette année que je bouclerai ce mythique tour du Mont-Blanc non stop, Graal du traileur. Il faut avouer que outre la course elle-même, les différentes conditions pour pouvoir prendre le départ relèvent désormais du parcours du combattant : Outre la motivation, la condition physique et la disponibilité que vous pourrez consacrer à votre entrainement (à ne pas négliger), il vous faudra cumuler 7 points acquis sur d’autres trails longue distance, avoir un méga-bol au tirage au sort et enfin compter sur une météo clémente. Car depuis quelques années, « le sommet de la course nature » semble la cible privilégiée des caprices des cieux alpestres. Depuis 2010, l’épreuve reine de 168 km est stoppée, raccourcie, tronquée, voire carrément remplacée cette année par un parcours de substitution beaucoup moins excitant. La faute à la pluie, au brouillard, au froid, aux glissements de terrains, inondations, voire la neige cette année…, et au nom du principe de précaution maximum. La montagne, quoi !

On était pourtant prévenu. Une semaine avant, les SMS alarmistes de l’organisation nous avaient convaincu de nous équiper comme des alpinistes. J’étais donc paré pour affronter ces éléments déchainés. Certes, à 2500 m d’altitude et fin aout, on n’allait quand même pas attendre la fonte des glaces pour compter les morts. Mais les organisateurs en ont décidé autrement. (et ils avaient sans doute raison. Ou leurs raisons en tout cas). Les mauvais présages s’accumulaient à Chamonix : pluie non stop sur le village exposants, mines moroses, 2/3 d’abandons sur la course d’ouverture de 110 km (la TDS), la deuxième course (la CCC) amputée de 2 cols… Ca commençait à sentir mauvais le vendredi matin, jour du départ. Et le SMS fatidique finit par tomber vers 12 heures : « conditions météo trop difficiles, nouveau parcours de 103 km et 6000 D+ sur le versant français uniquement. » On ne verra ni les tifosis de Courmayeur, ni les marmottes du Val Ferret, ni les nains de jardin de Champex Lac. La déception est sévère.

A 19 heures, nous serons quand même 2300 à prendre le départ en faisant un peu la gueule, dans une certaine confusion puisque le vainqueur de la CCC arrivera à contresens, auteur d’un temps canon (ben oui, 2 cols en moins, ca va bien plus vite). La suite : 20h 25 de course (5km/heure pile poil –vitesse moyenne programmée pour les 168 km initiaux) pour ma coéquipière et moi, dont 15 heures sous la pluie, un classement peu glorieux dans la première moitié, beaucoup de boue, du brouillard, des bouchons sur les 30 premiers KM (ne jamais partir derrière, c’est un conseil), des ravitos sous-dimensionnés dans lesquels il ne fait pas bon s’attarder, (on est congelé en 10 mn),  des champions évacués aux urgences (Karine Herry et Sébastien Chaigneau), un parcours certes difficile, mais dont certains passages présentaient bien peu d’intérêt, des moments compliqués pour le team…mais (restons positifs), une belle aventure à deux, des rencontres sympas dans la nuit (dont Jeff Vaillant, un vieux pote de Lycée- dingue), une ambiance toujours incroyable avec des bénévoles et surtout un public qu’on ne rencontre que sur cet événement et – ne boudons pas notre plaisir – un finish à Chamonix qui reste magique. A l’arrivée, ma fraîcheur relative ne fera qu’accentuer ma déception. J’avais sans doute les moyens de finir le Grand Tour. (j’me la pête un peu là, non ?)

L’an prochain, peut être ? (si j’ai les 7 points, la motivation, un soutien affectif, du bol au tirage au sort, l’opportunité de passer 15 jours de vacances à la montagne pour me préparer comme un malade mental, pas de bobo à l’entrainement, un logement au centre de Cham, des potes pour m’assurer une certaine assistance et enfin… une météo clémente). C’est pas gagné.

Merci quand même à ma coéquipière, pour ces longues heures d’entrainement diesel tout au long de l’été, pas toujours romantiques et pour son engagement physique et psychologique dans cette galère, aux futurs jeunes mariés pour leur accueil, à Arthurbaldur et au coach « Yves » pour leurs conseils, à Bicshow pour l’avoir fini dans les temps (mais dernier).

Par Michel Sorine

Directeur associé

Sportif du dimanche et directeur de clientèle  la semaine, il est aussi concepteur-rédacteur à ses heures, ça le détend.

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Il y a 1 commentaire

  • Arthurbaldur le07.09.2012à16h07

    Et pourquoi pas une PTL ? Ou l’Echappée Belle (la traversée de Belledonne) ? Ou encore l’UT4M (Vercors, Taillefer, Belledonne et Chartreuse) ? Il y a de quoi se motiver … 😉

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